Jeudi 12 janvier 2012
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A l'occasion du jour de l'an des Amazighs, je me permet par ce billet de souhaiter a tout les berberes qui se trouves ds tt les 4 coins du monde
et a partir des iles canaris en passant par le maroc, Algerie, tunisie et la libye jusqu'a siwa et je partage avec vous cette assiette de couscous au cardes, normalment on fait le
poulet mais je voulais changer un peu , j'ai prefere la viande rouge c'ete vraiment tres bon !
et on a une autre traditon qu'on fait pendant yennayer c'est que on coupe les cheveux pour les garcons, ce que j'ai appris par mere et ce qu'elle
faisait pour mes freres.
Le vocable yennayer s’apparente au terme latin enneyer (janvier). Il est le plus utilisé dans l’univers culturel berbère, même si le Kabyle a
tendance à employer parfois « ixf u segwas » (le début de l’année) ou encore « tabburt u segwas ». Les At Waziten (les berbères de Libye) préfèrent
« anezwar n u segwas » (introduction de l’année). Ce mois marque les débuts du solstice d’hiver. Le soleil entame sa remontée. Les jours encore très froids se rallongent et
instaurent l’espoir d’une meilleure année. Il est ritualisé d’une manière assez significative.
La célébration de Yennayer s’articule autour de plusieurs symboliques
Le jour qui précède Yennayer, soit le 12 janvier reste le plus important. La veille donc de cette fête, le repas est frugal. Le plus souvent on
prépare berkukes, boulettes de farine cuites dans un bouillon léger ou encore Icacmen, blé en grain préparé au lait ou en sauce. Ailleurs on ne consomme que du lait ou des
légumes secs cuits à l’eau. Le lendemain en revanche, on partage un repas copieux en signe de prospérité, composé des éléments suivants :
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gâteaux/galettes : lesfenj (des beignets), tiγrifin (crêpes),
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plat des « sept légumes » fait uniquement de plantes vertes ;
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viande (volaille, chevreaux ou moutons).
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friandises (fruits secs comme figues sèches, amandes, noisettes, dattes..).
Dans certaines régions d'Algérie (Oran) ou du Maroc (Berkane chez les Iznassen), on évite de manger des aliments épicés ou amers pour se préserver
d’une mauvaise année. Le repas de Yennayer est conditionné par les récoltes selon les régions mais aussi par les moyens des uns et des autres. Les aliments servis vont symboliser la richesse, la
fertilité ou l'abondance. Il est ainsi des irecman (bouillie de blé et de fèves) ou le cœur du palmier chez les Beni-Hawa : pas question de rater le repas de bénédiction qu'est celui de
Yennayer !
.Yennayer symbolise la longévité, et c’est souvent l’occasion d’y associer des événements familiaux :
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première coupe de cheveux aux petits garçons. Dans certaines régions berbérophones, on dit que l'enfant est comme un arbre, une fois débarrassé
des mauvaises influences, il poussera plus fort et plus énergiquement (c’est d’ailleurs à cette période qu’on opère la taille de certains arbres fruitiers) ;
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le mariage sous le bon présage de Yennayer. Les petites filles s'amusent à marier leurs poupées (pratique qui rappelle tislit n
wenZar) ;
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rites d’initiation agricoles : on envoie les enfants aux champs afin de cueillir eux-mêmes fruits et légumes.
Le repas, préparé pour la circonstance, est assez copieux et différent du quotidien. Les rites sont effectuées d’une façon symbolique. Ils sont
destinés à écarter la famine, augurer l’avenir, consacrer le changement et accueillir chaleureusement les forces invisibles auxquelles croyait le berbère. Pour la préparation de « imensi n
yennayer », le Kabyle utilise la viande
de la bête sacrifiée (asfel), souvent de la volaille, mélangée parfois à la viande séchée (acedluh) pour agrémenter le couscous, élément fondamental de l’art culinaire berbère.
Le plus aisé affichent sa différence. Il sacrifie une volaille par membre de la famille. Le coq est pour l’homme (sexe masculin) et la poule pour la femme (sexe féminin). Un coq et une poule sont
attribués à la femme enceinte dont l’espoir qu’elle n’accouche pas d’une fille qui était hélas souvent mal accueillie au sein du système patriarcal de certaines tribus.
En revanche, le premier yennayer suivant la naissance d’un garçon était d’une grande importance. Le père effectue la première coupe de cheveux au
nouveau né et marque l’événement par l’achat d’une tête de bœuf. Ce rite augure de l’enfant le futur responsable du village. il est répété lors de la première sortie du garçon au marché. Il est
transposé, dans les mêmes conditions, à la fête musulmane chiite de l’achoura, dans certaines localités berbérophones.
« Imensi n yennayer » se poursuit tard dans la nuit et la satiété est de rigueur. C’est même désobligeant pour la maîtresse de la maison
(tamgart n wexxam) de ne pas se rassasier. Il est aussi un repas de communion. Il se prend en famille. On réserve la part des filles mariées absentes à la fête. On dispose autour du plat
commun des cuillères pour signaler leur présence. À travers les génies gardiens, les forces invisibles participent au festin par des petites quantités déposées aux endroits précis, le seuil de la
porte, le moulin de pierre aux grains, le pied du tronc du vieux olivier, etc. et la place du métier à tisser qui doit être impérativement enlevé à l’arrivée de yennayer. Sinon les forces
invisibles risqueraient de s’emmêler dans les fils et se fâcheraient. Ce qui est mauvais pour les présages.
Pour le Kabyle « amenzu n yennayer » détermine la fin des labours et marque le milieu du cycle humide. Les aliments utilisés durant ce mois sont les
mêmes que ceux de la période des labours. La nourriture prise est bouillie, cuite à la vapeur ou levée. Les aliments augmentant de volume à la cuisson sont de bonne augure. La récolte présagée
sera d’une grande quantité. Les différentes sortes de couscous, de crêpes, de bouillies, etc., et les légumes secs les agrémentant apparaissent. Les desserts servis seront les fruits secs (figues
sèches, abricots secs, noix, etc.), de la récolte passée, amassés dans de grandes et grosses cruches en terre pourvues d’un nombril servant à retirer le contenu (ikufan).
Le mois de yennayer est marqué par le retour sur terre des morts porteurs de la force de fécondité. Durant la fête, les femmes kabyles ne doivent pas porter de ceinture, symbole de
fécondité. Celles transgressant la règle subiraient le sortilège de la stérilité. « Imensi n yennayer » nécessite des préparatifs préalables. Dans les Aures et en Kabylie, la veille, la maison est méticuleusement nettoyée et
embaumée à l’aide de diverses herbes et branches d’arbres (pin, etc.). Elle ne le sera plus, durant les trois jours suivants sinon le balai de bruyère, confectionné pour la circonstance par les
femmes lors de leur sortie à la rencontre du printemps (amagar n tefsut), blesserait les âmes errantes. On procède au changement des pierres du kanun (inyen n lkanun).
Tous les gestes accomplis pendant la fête se font avec générosité et abondance. Les participants à la célebration, estiment recevoir, par leurs
actions, la bénédiction des forces invisibles circonscrivant chez le berbère son univers de croyance.
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